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Cat Power + She Owl, le Silencio, le 8 juin 2018

 

Après Roddy Woomble il y a quelques mois, retour à ce lieu très privé et très lynchien (quel changement depuis l'époque du Triptyque...) qu'est le Silencio. Et si on est venu voir une fois de plus She Owl, une méga-surprise est annoncée ce qui permet de remplir la salle bien plus que la fois précédente... Et si les photos sont interdites en ce lieu, je semble bien être le seul à respecter la règle...

 

Si le duo italien n'a toujours pas réussi à se faire connaitre du grand public, la performance de ce soir va confirmer, s'il en était besoin, qu'il s'agit d'un des groupes les plus importants du moment. Il ne faudra guère plus de trois titres à She Owl pour montrer que la dream-pop ne se résume pas à émuler servilement Mazzy Star et les vieilles sorties 4AD comme trop de groupes s'en contentent en ce moment. Une bonne louche de dark-folk, un fort côté mystérieux et tribal, des compositions à la fois saisissantes et hypnotiques, une incroyable intensité et une voix féminine qui tour à tour vous glace les sangs et vous réchauffe le coeur... ce qui est proposé par le duo sort des entiers battus et se montre à la fois immédiatement accessible et extrêmement exigeant. Et si on a malheureusement dû manquer 10 minutes du concert pour raisons personnelles, les deux derniers titres montrent définitivement un groupe qui a atteint un niveau de puissance et de confiance, loin de la timidité des débuts, qui devrait le porter loin.

 

Si la surprise du soir a été un peu éventée, cela ne signifie par pour autant que je ne suis pas excité. Et plus qu'un peu inquiet. Cela fait presque 20 ans que je n'ai pas vu Cat Power sur scène, et la raison en est simple : entre une soirée désastreuse où elle était seule devant un piano à la Boule Noire et un concert tout juste honorable où elle semblait portée par le groupe de grands professionnels qui l'accompagnait au Café de la Danse, la petite Chan Marshall ne m'a pas franchement donné envie d'investir de nouveau lorsqu'elle est repassée à Paris. Une heure et vingt minutes (!!!) après que She Owl ait quitté la scène, elle apparait enfin, seule, s'empare d'une guitare et commence un set qui sera pour le moins bizarre.

 

La petite créature fragile cachée derrière ses cheveux d'autrefois a laissé place à une femme entre deux âges qui semble malade (elle souffle douloureusement entre deux chansons, éructe plusieurs fois à côté du micro). La voix apparait très fatiguée et a perdu une partie du grain qui l'a rendait reconnaissable entre mille. Comme autrefois, elle se plaint de problèmes techniques, semble décider au dernier moment de changer ce qu'elle va jouer, se parle à elle-même. Les titres s'enchaînent dans une sorte de pot-pourri où les transitions ne sont pas toujours des plus réussies. Il y a de rares moments de grâce, mais aussi des passages franchement gênants. Pourquoi ce retour sur scène (deux dates parisiennes étaient prévues les 6 et 7 juin dont une fût annulée) alors que la dernière sortie discographique semble très lointaine ? Pourquoi cette apparition solo impromptue et pas franchement convaincante ? Cat Power est sans aucun doute l'auteure de disques majeurs de la fin des 90's et une des grandes artistes, à la sensibilité exacerbée, de ces 30 dernières années. Je n'aurai malheureusement pas eu la chance de la voir convaincante sur scène...

 

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