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Shannon Lay, le Consulat, Paris, le vendredi 12 novembre 2021

 

21 mois sans concert, c'est très très très long, mais il y a eu comme un léger évènement mondial ayant rendu la chose un peu compliquée. En tout cas première fois au Consulat, et il faudra une sacrée affiche pour me faire revenir tant je ne suis pas fan de ce genre de "multiplexe" salle / bar / expo d'art contemporain (il faut dire "centre culturel hybride, festif et responsable" apparemment)(oui je suis un boomer, et ?), surtout quand la seule séparation entre le concert et les consommateurs forcément bien bruyants dans ce qui est un grand hangar anciennement industriel est un grand rideau...

 

Il n'y a sans doute rien de plus difficile que de charmer le public seul, assis sur une chaise, avec juste sa guitare, car l'exercice non seulement ne tolère pas la médiocrité, mais il ne se satisfait même pas du convenable, là où un groupe peut faire illusion sur l'énergie, le fun, la présence... Samuel Roux alias Handy Curse a des chansons tout à fait agréables, un petit filet de voix doucement posé pas franchement original mais classiquement efficace et il propose même de très jolis passages de guitare. Mais avec le bruit (que dis-je, le bordel) venant du bar à côté (derrière le rideau donc), il manque l'étincelle qui nous ferait réellement accrocher. Est-ce un petit manque d'émotions dans une pop-folk bien troussée mais un poil lisse ? Une interprétation un poil scolaire (mais a priori le format solo n'est pas encore habituel pour lui) ? Un set un peu long (45 mn) pour une première partie ? Dans tous les cas, à défaut d'être emballé, on se dit qu'on le retrouverait bien sur scène (une autre scène, si possible) dans quelques mois avec un peu plus de bouteille.

 

Faut-il s'inquiéter de ce bruit persistant pour profiter pleinement en live des subtilités de Geist le très beau nouvel album de Shannon Lay ? Miraculeusement il va beaucoup diminuer dès les premières notes de musique. Effet magique d'un chant sublime ou juste effet d'un bar se vidant progressivement ? On préférera croire en la première version, tant la voix angélique semble envahir tout le vaste espace et hypnotiser l'auditoire (même pas cent personnes a priori, bien malheureusement). Faisant preuve d'infinis variations entre froideur cristalline et douce chaleur réconfortante, elle se montre un chouia moins parfaite qu'en version enregistrée, ce qui lui permet d'apporter un supplément d'émotions extrêmement notable. Comme quoi quelques fêlures peuvent transformer une belle chanson en bouleversant chef d’œuvre, comme l'incroyable version a  capella de 'Awaken and Allow'. Et ce sont toutes ces chansons, à la fois ancrées dans la tradition mais indubitablement actuelles, déjà beaucoup écoutées depuis que Geist est sorti il y a un mois, qui profitent de cette performance quasi bouleversante. Et ce ne sont ni sa reprise du 'Late Night' de Syd Barrett ni un très barré 'Coast' extrait de l'album 'Living Water' qui viendront doucher notre enthousiasme, bien au contraire.

 

Il n'y a sans doute rien de plus difficile que de charmer le public seul, assis sur une chaise, avec juste sa guitare. Ce soir Shannon Lay nous a montré comment faire, juste par le pouvoir de sa voix. Et elle se classe déjà tout en haut des "folkeuses" vues en concert, pas si loin de Marissa Nadler, Sharon Kraus ou Josephine Foster...

 

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