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Post-It n°10

 

Spécial "je suis en retard, en retard, en retard" (alias des très bons disques pour lesquels j'ai attendu lontemps l'inspiration sans jamais la trouver)(si si si, encore moins que d'habitude), featuring : Brontosaurus Chorus, Kate Bush, Her Name Is Calla, Milk & Fruit Juice et Holly Throsby.

 

 

Brontosaurus Chorus - Owls

 

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Label : Pop-Art

Sortie : 06/12/10

Format : CD

Disponible : Import

 

Bon, là, j'ai presque une excuse : je n'ai pas su que ce disque était sorti. Ou en tout cas pas avant que le groupe ne splitte en mai dernier... Ajouter à cela le temps de le trouver (parce qu'étrangement, pas de sortie en France et aucun disquaire pour le faire venir en import...) et chroniquer Owls devenait totalement obsolète. Ce qui est bien pourquoi je le fais finalement encore quatre mois plus tard...

 

Mais ceux qui me lisent régulièrement depuis longtemps (oui, les trois là-bas au fond) savent que j'éprouve une passion (mais non, pas malsaine)(OK, inexplicable, ça je veux bien) pour Brontosaurus Chorus, groupe dont rien que le nom annonçait qu'il ne fallait pas le prendre trop au sérieux. Alors si vous en avez marre de ces groupes qui font du twee en récusant ce qualificatif et en se la jouant intello-pouètpouèt comme de ces groupes d'indie rock qui veulent faire festif sans assumer totalement le côté déconne (oui JoFo, Danana, Los Camp!... je pense à vous), pourquoi ne pas découvrir ce qu'on ne peut décrire que comme une fanfare indé jouant des mélodies simples et légères dans un délire de fun et de petites faussetés ?

 

Certes la pochette indique bien que Owls va être plus sombre que You've Created A Monster sorti un an auparavant (troisième de mon top2009, et j'assume toujours...) et il ne contient pas de titres aussi immédiatement accrocheurs que l'ultra-tubesque Love is the Path to Self-Destruction mais il propose un mélange de douceur, de tristesse et de burlesque particulièrement savoureux. 'Annie's Waltz' ou 'Scissormen' ont ainsi tout du clown triste alors que l'introductif 'Prelude (Owls)' est totalement foutraque. Violon, glockenspiel, claviers, violoncelle, trompette... se mêlent dans une harmonie délicieusement bancale tandis que Jodie Lowther fait montre de sérieux progrès dans son chant, nettement plus clair et plus ample. Alors à condition de ne pas intellectualiser trop la chose, on pourra fortement prendre son pied quand d'autres y verront une vaste pantalonnade. En tout cas, moi, je le regrette déjà, ce choeur jurassique...

 

lyle

 

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Myspace

 

 

Kate Bush - Director's Cut

 

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Label : EMI

Sortie : 16/05/11

Format : CD / LP

Disponible : Partout

 

Si on m'avait dit il y a 25 ans que j'écouterai un jour un album de Kate Bush... Non seulement Hounds of Love m'apparaissait alors comme un disque de folk, genre de et pour vieux ringards, mais en plus ça passait en radio et ça se vendait (oui, les Cure aussi, mais là c'était pas pareil). En plus sa voix était insupportable ! Et puis on passe progressivement de jeune con à vieux ringard, à se mettre à écrire des conneries sur le ouèb et quand un gentil attaché de presse vous propose son Director's Cut (oui, comme le truc qu'on met sur les films pour vous faire racheter le DVD, on attend maintenant l'Ultimate Edition), on se dit "et pourquoi pas" ? Et on se retrouve comme un imbécile à aller acheter d'un coup des albums qu'on aurait du posséder depuis des années. Et même pas par conscience professionnelle pour pouvoir comparer les versions, non, juste parce que on a aimé ça...

 

On comprendra cependant l'ire des fans lu ici ou là sur le net. Les morceaux de The Red Shoes et de The Sensual World n'avaient sans doute guère besoin d'être retravaillés, en tout cas sûrement pas en gommant le plus possible les orchestrations ambitieuses et bizarres ou les intonations vocales les plus personnelles de la dame, au profit d'une production un brin pompeuse, à la fois luxuriante et légèrement neutre, ainsi que d'un chant un poil plus sage et policé. 'The Red Shoes' ode techno-païenne se retrouve ainsi transformée en gentil titre dark-folk alors que 'Top of the City' perd tout son côté grandiloquent pour gagner en agressivité et 'This Woman's Work' passe de pamphlet à bluette. On comprend à la fois le désir de se débarrasser d'une production affreusement 80's (même sur The Red Shoes) et la colère devant la réinterprétation importante de la plupart des titres. On oubliera juste l'affreuse nouvelle version de 'Deeper Understanding'...

 

Mais pour moi (et pourquoi pas pour bien d'autres), Director's Cut a été bizarrement une introduction à l'univers de Kate Bush. Parce qu'il en est en une version un peu apaisée, et non pas affadie. Une sorte de pont qui facilite le passage...

 

 

 

lyle

 

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Site Officiel

 

 

Her Name Is Calla - The Quiet Lamb

 

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Label : Denovali

Sortie : 15/10/10

Format : CD / LP

Disponible : Partout

 

Totalement à l'opposé de Brontosaurus Chorus, Her Name Is Calla semble jouer une musique purement intellectuelle où les textures sont fondamentales et où les silences semblent aussi importants que la musique. Qui est d'ailleurs par moment lente et minimaliste au point de faire passer Low pour une bande de joyeux drilles partant s'éclater en boîte. Mais réussir à plonger dedans c'est un peu s'immerger dans un autre univers...

 

J'avoue manquer totalement de mots pour décrire ce que je ressens à chaque écoute de façon totalement exacerbée. Ce déchirement, cette douleur au boût de 3:33 de 'A Blood Promise'. Cette impression de flotter dans un vide d'infini bonheur qui vous submerge régulièrement. Cette sensation d'un apocalypse que l'on reçoit comme une délivrance dans la première partie d'un 'Condor and River' qui se finit en interminable complainte. Cette longue marche religieuse qu'est 'Thief'...

 

The Quiet Lamb, ce n'est pas du slowcore, du dark-folk (oui, pourtant, sur 'Long Grass', on y pense) ou du post-rock. Est-ce d'ailleurs encore de la musique ? C'est une sorte d'opéra sensitif auquel on arrivera ou pas à se connecter. Et pour certains une expérience inoubliable...

 

lyle

 

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Myspace

Site Officiel

 

MiLK & Fruit Juice - I'm cold handed cause I have no heart...

 

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Label : Autoprod

Sortie : décembre 2010

Format : CD

Disponible : Ici

 

Pourtant, là, le billet était facile à faire, je n'ai vraiment aucune excuse. Rien qu'écrire le titre en entier (I'm cold handed cause I have no heart to pump the blood through my fingers) et disserter dessus en lien avec la pochette ou les textes, et les 2000 caractères étaient dépassés ! Oui mais aimant énormément cet album, j'ai voulu absolument écrire un truc intelligent ! Moi ! Ah le con... Du coup je me retrouve à écrire des conneries presque un an après l'avoir eu pour la première fois entre les mains...

 

Enfin, des conneries... relativisons, quand je vous dis que I'm cold handed (on va s'arrêter là, à partir de maintenant) est excellent et rien de moins qu'un des meilleurs disques français de ces dernières années, c'est de la pure objectivité vraie que tu peux pas dire le contraire. Le problème reste donc de le décrire d'une façon qui lui rendra justice... On commencera donc par affirmer que MiLK est le mec qui arrive à vous persuader que le ukulele n'est pas cet instrument pénible et ringard que des blaireaux ramènent régulièrement en soirée pour essayer de s'en ramener une et que des tas de groupes ont utilisé ces derniers temps en croyant que c'était branché parce qu'ils n'étaient pas foutus d'utiliser l'autoharp (ni même le glockenspiel) et que le banjo, ça prenait vraiment trop de place.

 

Et en plus derrière l'apparence de légèreté, de musique de vacances au soleil, le gars arrive à vous planter des chansonettes doucereusement mélancoliques à faire chialer un vieux de la vieille des forces spéciales. Avec un petit filet de voix fluet digne de votre voisin de bureau. Oui, voilà, MiLK & Fruit Juice, c'est le type d'à côté au boulot chantant des petites mélodies gentiment folk et tristouilles. Mais c'est somptueux...

 

lyle

 

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Myspace

 

 

Holly Throsby - Team

 

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Label : Woo Me!

Sortie : 13/07/11

Format : CD

Disponible : Partout

 

A chaque nouvel album d'Holly Throsby, je me demande pourquoi la petite australienne reste méconnue quand des tas de folkeuses autrement moins talentueuses ont réussi à se faire connaître. Et puis je cale totalement au moment d'en faire l'apologie... Team ne déroge pas à cette habitude et comme je n'ai pas réussi à pondre une seule ligne dessus alors que je l'écoute plusieurs fois par semaine depuis quatre mois avec un plaisir toujours renouvelé, il est grand temps de se demander pourquoi ?

 

D'abord la demoiselle n'a ni une voix d'une pureté de cristal à vous glacer le sang ni un organe (ou un phrasé) un peu spécial reconnaissable entre mille. Elle chante juste d'une voix simple, juste et délicate sur des musiques qui ne cherchent ni l'originalité à tout prix ni le respect absolu de la grande tradition. Les moqueurs diront peut-être qu'on a affaire à une François Bayrou du folk hésitant sans cesse entre expérimentation et conservatisme. Sauf qu'ici les propositions sont bonnes et qu'on est profondément touché !

 

Il n'y a en effet nul besoin d'aller chercher des orchestrations alambiquées pour provoquer l'émotion et un titre comme 'Hi, You Reckless Darling' montre à quel point une utilisation astucieuse d'effets connus depuis des lustres peut donner lieu à une interprétation vraiment personnelle. Rien de nouveau sous le soleil (sous la grisaille ?) mais Holly Throsby le fait tellement bien avec juste un petit goût de 2011 qu'il serait vraiment dommage de s'en priver...

 

lyle

 

 

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Commentaires

j'aime bien holly throsby,
pour moi il lui manque un je ne sais quoi, mais c'est chouette
plus que her name is calla en tout cas ^^_

Écrit par : arbobo | 02/11/2011

Répondre à ce commentaire

Bizarrement, je ne suis pas surpris...

Écrit par : lyle | 03/11/2011

Les commentaires sont fermés.