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Emily Jane White - Ode to Sentience 

 

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Label : Talitres

Sortie : 08/11/10

Format : CD

Disponible : Partout

 

C’est un peu échaudé qu’on y met un pied, les deux, puis qu’on ressort de l’eau sans avoir éprouvé grand chose. La "soirée en emporter" à laquelle on avait assisté nous avait fait ressentir une Emily Jane White un peu redondante d’une composition à l’autre, et pas aussi touchante que dans notre souvenir de son premier album. Le deuxième album augmentait nos soupçons, on l’avait trouvé assez limité. Alors y retourner... on n'était pas bien chaud.

 

Pourtant avec Ode to sentience, Emily Jane White a fait un joli disque, très joli par moments. Certains titres (rares !) touchent juste et nous embarquent, comme 'I lay to rest'. Malgré tout on s’aperçoit qu’en s’écartant de l’encombrante image de « nouvelle Cat Power », qui lui collait légitimement à ses débuts, elle ne gagne pas en qualité ce qu’elle cherche en originalité. Certains titres font un peu planplan, un peu FM, on l’a crue nouvel espoir du rock indé, elle est plutôt du côté des disques léchés et trop sages de Suzanne Vega ou Cowboy Junkies en roue libre. Quand elle chante un jeune homme qui se jette de la falaise, pas d’émotion, pas une once de rudesse, elle chanterait un voyage en bus avec le même ton et les mêmes arrangements. Il manque un peu de profondeur à tout ça, sans être complètement dénué d’idées.

 

On s’était tout bonnement trompé de catégorie à son sujet, de même qu’on attendait un peu trop. Elle n'a pas à rougir pour autant.

 

arbobo

 

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Chère madame Emily,

 

Depuis quelques jours, mon papa il écoute beaucoup ton disque (il doit faire un truc qui s'appelle une uchronie froissée, ou quelque chose comme ça) et même qu'il se plaint tout le temps, qu'il dit que ça valait pas le coup de faire un si bon premier album pour produire une m**** pareille (parfois, il dit des gros mots mon papa, mais je n'ai pas le droit de les répéter) deux ans plus tard. Mais je ne suis pas d'accord avec lui, moi, je le trouve très joli ton disque.

 

En plus il arrête pas de te comparer à d'autres filles (il écoute tellement de filles, des folkeuses qu'il dit, que maman elle est vachement jalouse). Il dit que tu n'as pas la folie de Joséphine, Dawn ou Tara. Pas la voix parfaite de Sharron, ni le sens poétique de Annabeth ou le côté exotique des filles candidaves avec des prénoms bizarres. Il dit encore que ton ode à la senteur (il utilise des mots compliqués parfois, mon papa) elle est molle et répétitive, que ta voix n'a jamais été aussi monotone. Que tes Oouoou y font chier grave (il est grossier parfois mon papa) et que la mélancolie forcée ça va deux minutes mais qu'on se lasse. Que ton or qu'est stration, elle est banale et ennuyeuse. Bref que ton disque il est raté.

 

Mais il est méchant mon papa, moi ton disque, je le trouve très joli, Emily et ça me plairait beaucoup d'apprendre des chansons en cours d'anglais, ça changerait de 'Jingle Bells'.

 

lyle (avec l'aide involontaire de C.)

 

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C’est toujours avec une certaine appréhension que l’on attend les albums des artistes nous ayant marqués fortement dès leur premier album. Emily Jane White fait partie de ceux-là pour moi. J’étais tombé amoureux à la première écoute de Dark Undercoat, amoureux de cette ambiance sombre, humide et triste, qui collait parfaitement à ces longues journées pluvieuses où l’humeur vagabonde. C’était frais, et présentait des mélodies intelligentes et se différenciant légèrement mais suffisamment des nombreuses autres chanteuses folk (ce qui est déjà suffisant pour attirer l’attention). Mais voilà, une fois que le gros du travail est fait, à savoir ferrer le poisson auditeur qui appréciera votre premier opus, il faut savoir confirmer et s’imposer finalement comme incontournable. Le second album avait été sûrement trop ambitieux, pas assez maitrisé dans la complexité, et un peu décevant au final, comparé à la parfois simpliste mais tellement agréable introduction au monde de la belle Emily. On était donc en droit de se demander ce qui allait arriver ensuite, un retour aux sources, une persévérance dans cette voie, ou bien quelque chose de complètement inattendu.

 

La voici donc, peu après, avec dix nouvelles chansons regroupées sous le nom Ode To Sentience. Et même si l’on est content de retrouver cette voix si particulière et de lui trouver même une assurance acquise avec l’expérience, les arrangements complexes et la superposition d’instruments sont encore présents sur de nombreux titres, et nous font regretter une fois de plus la simplicité initiale. Certes, le sujet est cette fois ci bien plus maitrisé, les émotions contrôlées, et les chansons transportent à nouveau, dans l’imaginaire, ou les émotions. La demoiselle connaît son sujet, sait composer et interpréter, mais voyez, le côté dépouillé des débuts, la sensation de candeur, de virginité, d’expérience inédite a disparu et me laisse triste et un peu trop détaché de cet album pour pouvoir l’apprécier. Ne vous méprenez pas sur mes intentions, cela reste un très bon album, un must de cette fin d’année dans son registre avec des chansons magnifiques, mais qui marque définitivement la métamorphose d’Emily Jane White et la fin de mon espoir de voir un deuxième album du calibre de Dark Undercoat.

 

Tireub

 

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http://www.myspace.com/emilyjanewhite

 

Commentaires

voilà, tireub a trouvé le mot : contrôlé.

à la limite du cruise control, même, le truc où tu t'endors au volant, tu te réveilles au parking sans une égratignure et entre temps il s'est passé.... rien.

Écrit par : arbobo | 13/12/2010

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"il s'est passé.... rien" décrit parfaitement l'album...

Écrit par : lyle | 14/12/2010

@ Lyle : après la théorie lue chez G.T, place à la mise en pratique de "la pire critique des critiques" illustrée par un J-P. tout à la fois "hargneux et pointilleux" (mais sûrment pas "pleurnicheur", ça je te le laisse bien volontiers : "Oh mais pourquoi j'suis le seul à être cité dans l'article de G.T ? C'est pas juste ! En plus moi, j'ai jamais de com..." Snif, snif... Avoue que t'aimes bien te faire plaindre, hein ?!)

Ce n'est pas parce que Thomas fait partie de DLMDS que tu peux te permettre de plagier un procédé déjà employé par l'auteur du Golb (avec bien plus d'humour... ça va sans dire.) Ose t'en prendre maintenant aussi à Sharon (un seul R, stp.) Van Etten et tu me verras débarquer sur Paname : "Il est où ce Lyle que j'le marave !" :-)

@ Arbobo : tout à fait d'accord avec la conclusion de ton billet.

@ Tireub : d'accord aussi avec ton constat que "le dépouillement, la candeur des débuts" a disparu. Normal avec un 3e album dans la lignée des précédents (et surtout des compos qui datent toutes de la même époque), plus d'effet de surprise, hélas. Mais le charme opère toujours... au moins en live !

Écrit par : J-P. | 13/12/2010

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Mon cher J-P, tu sembles imperméable à l'humour (au mien en tout cas, parce que c'en était bien tentendu chez G.T (ça fait syndicat auvergnat un peu))(mais c'est vrai que j'aime bien me faire plaindre, malheureusement ça ne m'arrive jamais ( :-) je précise, dès fois qu'on me prenne au sérieux)) et tant pis. D'ailleurs je ne cherchais pas à être drôle, avoir dépensé 15 € pour ce disque plat et médiocre ne m'incitant guère à la gaudriole mais me faisant plutôt presque comprendre pourquoi les gens téléchargent :-)

Quand à mon "plagiat", sache que ce billet n'est pas un procédé, nous avons réellement eu une conversation avec mon aînée qui ne comprennait pas pourquoi je ne trouvais pas comme elle ce disque "joli", ce en quoi elle avait finalement déjà tout dit...

Écrit par : lyle | 14/12/2010

@J-P : j'aimerais bien la voir en live, parce que je pense qu'elle a la capacite de faire rever un public et d'offrir une soiree musicale parfaite.

"Emotions controlees" il y a quelque chose de bizarre dans cette formule appliquee a un artiste, et pourtant cela reste la definition que j'appliquerais a ce CD.

Écrit par : Tireub | 14/12/2010

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S'il fallait compter le nombre de "procédés" ou de "rubriques" que j'ai utilisé(e)s et qu'on m'a pompé... on en sortirait pas (et franchement, celui-là n'est pas un procédé très original, par rapport à d'autres où la pompe était pour le coup vraiment ÉVIDENTE :-D ... et beaucoup moins drôle ^^)

EJW... je trouvais que le premier avait quand même été très surcoté, mais j'aimais bien quand même. Là, je ne sais vraiment pas quoi penser de ce disque...

Écrit par : Thomas | 14/12/2010

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@ Lyle : tu ne sembles guère goûter le mien aussi... d'humour ! Tu n'imagines quand même pas que j'étais sérieux dans ma "critique de ta critique" ?! Certes "pointilleux" je peux l'être (Sharon avec un seul R), mais "hargneux" jamais ! Et puis le coup du fan outragé qui monte à Paris pour te provoquer en duel, franchement ?! :-)

Inutile de te justifier sur le procédé (et laisse ta fille en dehors de tout ça) et explique-nous plutôt comment tu peux railler ce "joli" disque d'Emily Jane [raté selon toi > 4/10] tout en étant aussi indulgent avec l'album "de supermarché" de Cocoon [7/10 bien que "mièvre"] ?! Là, par contre je suis sérieux...

@ Thomas : c'était un faux argument destiné à illustrer l'article de G.T (à classer parmi les attaques persos/sur le style). Ma foi après tout, si tu aimes te faire pomper... :-)

Oui, je comprends tout à fait que ce disque puisse te laisser perplexe (trois fois presque le même album en trois ans...)

Écrit par : J-P. | 14/12/2010

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Parce que j'avais l'air sérieux dans ma réponse :-) Mais je t'attend à Paris quand tu veux !

Il faut vraiment que je t'explique pourquoi je préfère nettement un disque certes mièvre et à l'ambiance feu de camp mais qui te fout le sourire quand tu l'écoutes à un truc certes bien foutu, mais absolument chiant, monotone et monocorde qui te donne envie d'aller illico le revendre ? :-)

Écrit par : lyle | 14/12/2010

alors moi je revend le 2eme, qui n'en veut??? (inutile de dire que cette fois, elle ne m'aura pas...)

Écrit par : Xavier | 15/12/2010

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