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Trunks + Ray Bartok, l'International, le 21 janvier 2010

 

Deux conceptions différentes de l’expérimentation et de la mémoire musicale. L’une très patrimoniale, qui cite les expérimentateurs, l’autre qui met en avant sa pratique artistique, un rock (pour dire vite) qui aurait intégré les préceptes du free jazz.

 

Le duo Ray Bartok, un batteur et un chanteur/clavier, nous ramène 30 ans en arrière. Pile en 1980, avec des incursions vers 1982 environ, guère plus. La reprise d’un titre des Stranglers l’atteste. En 1981, l’arrivée au pouvoir de Mitterrand fut suivie de la création des radios libres, dont Carbone 14 fut la plus célèbre. Ce nom, à tous les sens du terme, conviendrait mieux au duo que la référence au grand compositeur hongrois.

 

Tout ce que la période new wave a compté de rock arty, de no wave, de post-punk, défile en une demi-heure. Mention spéciale aux passages les plus funky, dont les rythmes parfois agressifs rappellent ceux de A certain ratio ou de liquid liquid. Par instants la voix du chanteur fait penser à David Byrne, en moins technique. Ajoutez encore une dose de ska-punk, un kwassa-kwassa chanté en français, et le compte est bon. Autant dire que ça vire au catalogue de citations, pas toujours très inspirées.

Ce groupe a beaucoup de culture et de goût, mais ce qu’il en fait ne donne pas envie de se ruer sur un disque. Cela dit la mise en bouche est dansante et chargée de bons souvenirs. C’est agréable. Sans plus.

 

Trunks, c’est autre chose. Trunks, c’est un collectif, six artistes aux univers très différents qui se retrouvent de temps en temps, pour un disque, pour quelques concerts. Ils viennent du rock, du jazz, de l’expérimental, et trouvent ensemble un ciment humain. Laetitia Sheriff rappelait combien ce groupe compte pour elle et son besoin de les retrouver.

Trunks c’est une entente formidable, avant tout. Des valeurs partagées et un être ensemble, une qualité d’âme qui rend chacun d’eux étonnamment accessible et ouvert au public.

C’est ensuite une réunion de musiciens. Musiciens, donc beaucoup d’instrumentaux, quelques titres comme 'Pull my daisy' étant chantés par Laetitia Sheriff, dans un style proche de ses albums. On entre dans leurs riches atmosphères où nulle virtuosité gratuite ne guette.

Le choc d’un rock puissant et du jazz repose en grande partie sur le saxophone de Daniel Paboeuf. Un cocktail assez proche de celui de Gallon drunk et de Big sexy noise. On leur dit. Ils sont flattés. Mais la ressemblance va au-delà du son, elle est dans la démarche, une volonté de rester forts sur ses principes et ne pas céder au système libéral.

 

Vu sous cet angle, Trunks est un de ces petits îlots de résistance qui nous font autant de bien au cœur qu’aux oreilles. La tournée continue en province, ayez l'oeil!

 

Un vinyl sortira en 2010, guettez-le à la fin des concerts.

 

 

arbobo

 

http://www.myspace.com/raybartok

http://www.myspace.com/areyoutrunked

 

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